L’essor du desktop tactile

J’ai reçu dans mon courrier pro une brochure d’un des plus grands assembleurs de PC pour les entreprises et j’ai été étonné par le nombre de PC tactiles sous Windows 8 proposés. Pas moins de 12 modèles tactiles PC fixes avec écran tactile, PC portables tactiles, PC portables hybrides tactiles…

Je ne suis pas là pour juger de l’intérêt du tactile en entreprise mais cette tendance est montée d’un cran dans un secteur où on ne l’attendait pas trop et il est vraiment temps de revoir des pratiques ergonomiques et graphiques qui ne résistent pas au tactile desktop.

Les changements qui s’imposent sont proches de ceux envisagés pour les tablettes et mobiles :

  • Les tailles de boutons à majorer. Oublier le pixel art avec des boutons de 10 pixels de haut, toujours penser à la loi de Fitts.
  • La taille et surtout l’interlignage des textes à majorer pour pouvoir précisément toucher les liens texte intra-paragraphe.
  • Oublier les scrollpanes vraiment désagréables en tactile.
  • Tester les formulaires sur des grandes tablettes et aérer en conséquence…
  • Oublier les modules ou menus qui s’ouvrent au roll-over par dessus un lien

Derrière l’aspect marketing et la polémique sur l’opportunisme de ce virage tactile pour rebooster des ventes de PC en berne à la veille de noël, il faut voir la réalité en face. Les ventes de PC tactiles et hybrides progresseront et tant mieux car il y a beaucoup à gagner du côté de l’expérience utilisateur :

  • Unifier l’ergonomie des sites web : aller vers l’idée d’un seul web.
    Tout un programme ! Dans la pratique cela correspond à faire du vrai responsive design, c’est à dire sans contenu tronqué sur mobile et sans grande rupture d’organisation du contenu. D’un appareil à l’autre, on ne devrait pas réapprendre l’ergonomie du site utilisé. Un site adaptatif est avant tout fluide et il doit donner l’impression à l’utilisateur qu’il est sur le même site quelle que soit l’interface, sinon il n’apporte rien de plus (ou plutôt moins) à l’utilisateur qu’une version mobile à un site classique.
  • Limiter la quantité d’information par page, une fâcheuse habitude du début des années 2000 sur les grands portails dont même les régies publicitaires pourraient se plaindre aujourd’hui.
  • Par conséquent, faire aussi accessible, utilisable et rapide à charger dans tous les cas d’utilisation : ce point-là est un vrai challenge technique, mais au moins on le fait une seule fois pour tous les appareils plutôt que de séparer le site en web desktop, web tablette et web mobile.

Les entreprises qui ont des extranets et des back-offices à exploiter à la fois en déplacement et en entreprise ont des refontes à prévoir pour optimiser l’usage de leurs services avec ces nouveaux PC. Du côté agence, il est temps de penser les interfaces web d’une façon globale. N’essayons pas d’imaginer l’usage en fonction de l’appareil utilisé mais plutôt en fonction des situations et besoins de chacun.

Bref, on a du pain sur la planche !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *